L'Organisation internationale de police criminelle s'intéresse au métavers et au futur de la criminalité en ligne. L'organisation a développé son propre espace de réalité virtuelle.
Comment élucider un crime dans le métavers ? Les policiers d'Interpol, l'organisation internationale de police criminelle, commencent à s'aventurer dans ce domaine. Jurgen Stock, secrétaire général de l'autorité, a évoqué auprès de la BBC les dernières expériences menées en interne.
Pour anticiper les crimes commis dans ce nouveau monde virtuel, les policiers mènent des expériences visant à identifier la nature potentielle des crimes virtuels et la manière dont ils pourraient être contrôlés. En décembre 2021, une testeuse anglaise a notamment été (virtuellement) victime d'une agression sexuelle (virtuelle) dans le métavers. Après être apparu dans le monde (virtuel) de Meta, Horizon Worlds, l'avatar de la victime (virtuelle) s'est fait (virtuellement) agresser par quatre autres personnages (virtuels) qui essayaient de (virtuellement) la toucher. Elle avait alors (virtuellement) fui, avant de débrancher (réellement) son casque.
Des crimes "virtuels" bien réels
Une caractérisation des faits de crime "virtuel" qui reste cependant à affiner. "Si vous regardez les définitions de ces crimes dans l'espace physique, et que vous essayez de l'appliquer dans le métavers, il y a une difficulté. Nous ne savons pas si nous pouvons les qualifier de crime ou non, mais ces menaces sont bel et bien là, donc ces questions restent à résoudre", analyse le Dr Madan Oberoi, directeur exécutif d'Interpol pour la technologie et l'innovation.
Par ailleurs, la conception même du métavers, sur des serveurs répartis aux quatre coins du globe, pourrait donner du fil à retordre aux fonctionnaires de police. "En un clic de souris, les preuves se trouvent sur un autre continent", rappelle le secrétaire général. Internationale "par nature", Interpol semble ainsi l'agence la plus à même de répondre aux nouvelles menaces induites par les mondes virtuels.
